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Une introduction non technique à Gemini

Publié le 06.03.2021. Mis à jour le 08.03.2021.

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Sommaire :

Un nouveau protocole

Gemini est un protocole informatique – un ensemble de règles selon lesquelles des ordinateurs peuvent échanger des données.

Apparu en 2019, il sert de base à un système de distribution de fichiers sur Internet ressemblant au Web – mais plus simple et plus respectueux de la vie privée que celui-ci.

Les fonctionnalités de Gemini sont réduites au strict minimum : les pages qu’il peut afficher contiennent du texte – titres, paragraphes, hyperliens. On ne trouvera pas d’images, pas de players audio ou vidéo, pas de fenêtres surgissantes.

Les cookies, les requêtes adressées à des domaines tiers, le code Javascript – toutes ces inventions qui, en autorisant le pistage des utilisateurs, ont favorisé l’envahissement du Web (et donc de nos vies) par la publicité – ne sont pas pris en charge.

De la simplicité du protocole, il s’ensuit que les logiciels qui l’implémentent sont relativement faciles tant à programmer (mais je ne suis pas développeur) qu’à utiliser, et qu’ils peuvent tourner sur des machines anciennes ou peu puissantes.

Quant au Gemtext, le langage dans lequel on compose des pages pour Gemini, il s’apprend en moins de cinq minutes.

On devine là-derrière des préoccupations politiques, économiques, écologiques. Une sorte d’utopie se dessine : avec un minimum de connaissances et du matériel même rudimentaire, tout le monde pourrait publier du contenu et l’héberger.

Actuellement en voie de finalisation (on peut suivre l’évolution du projet sur sa liste de diffusion ou sur Gitlab), le protocole, une fois arrêté, ne devrait pas évoluer. Cela garantit qu’aucune fonctionnalité ne lui sera ajoutée qui contreviendrait aux principes fondateurs de simplicité et de respect de la vie privée.

J’ai été séduit par l’austérité du protocole, par sa radicalité – on entre dans un monde où Google n’existe pas, où l’information est livrée sans le truchement ni l’insinuation d’aucune organisation, où les habitudes du Web, qui sont devenues des réflexes, n’ont pas cours. Il y a pourtant dans Gemini quelque chose de familier et d’agréable : il fait ce qu’on n’ose plus demander au Web, à savoir afficher du texte et nous laisser seul avec lui.

Je publie sur Gemini, à l’adresse : gemini://pauljimenes.fr.

Comment aller sur Gemini

Un point lexical avant de poursuivre.

L’équivalent d’un site Web s’appelle, sur Gemini, une « capsule » – il y a là une allusion au programme spatial Gemini. Et si le Web désigne l’ensemble des ressources accessibles en utilisant le protocle HTTP, celles auxquelles Gemini permet d’accéder forment le Geminispace – de sorte qu’il ne faut pas dire qu’on va « sur Gemini » mais « dans le Geminispace ». Je tâche de me faire à ces mots nouveaux.

Installer un navigateur

Une liste de navigateurs se trouve ici (sous la rubrique « Clients ») : https://gemini.circumlunar.space/software. Voici quelques suggestions.

Pour Mac, Windows ou Linux :

Pour iPhone :

Pour Android :

Trouver du contenu

Le robot d’indexation Lupa (gemini://gemini.bortzmeyer.org/software/lupa/stats.gmi) dénombrait dans le Geminispace :

C’est peu – mais ça augmente. Sans grande suprise, la plupart des capsules sont rédigées en anglais.

Quelques points de départ pour la navigation :

gemini://gemini.circumlunar.space : la capsule de Project Gemini (en anglais).

gemini://xn--franais-xxa.lanterne.chilliet.eu : une liste de capsules Gemini francophones.

gemini://medusae.space : un annuaire de sites.

Les navigateurs pour Gemini – c’est du moins le cas de Lagrange et d’Amfora – permettent de s’abonner à des pages. À intervalles réguliers, ils examinent le contenu de celles qu’on suit, signalant d’éventuelles modifications. Extrêmement pratique.

Quelques liens

Le site du Project Gemini : https://gemini.circumlunar.space. Voir aussi la liste de discussion et le compte Gitlab du projet.

Un article de Stéphane Bortzmeyer publié sur Framablog et intitulé Le Web est-il devenu trop compliqué ?. La dernière partie de l’article est consacrée à Gemini.

Une présentation du protocole par Stéphane Bortzmeyer, visible sur Peertube : Gemini, plus simple et plus rapide que le Web – précis et synthétique.

Un article du même : Le protocole Gemini, revenir à du simple et sûr pour distribuer l’information en ligne, plus technique.

Un article de Ploum : Gemini, le protocole du slow Web.

Un article sur GégéWeb : C’est quoi Gemini ?.